Cabinet de fermentations, soupe perpétuelle et fumoirs primitifs

installation / performance participative

Parcours d’art contemporain Les Maisons Folles à Ronchin
2018

Une installation/performance en 3 parties, dans une habitation du quartier des Fleurs à Ronchin.
Il s’agissait ici d’inscrire des pratiques gastronomiques ancestrales comme la fermentation, la soupe perpétuelle et la fumaison dans le quotidien d’une famille urbaine. A l’échelle des heures, des jours voire des semaines, ces actions engagent à une appréciation différente des durées et donc de la perception du continuum qui relie la naissance à la mort.

La soupe perpétuelle trônait dans une cuisine sommaire reconstituée au beau milieu du salon. Durant les 3 jours de l’évènement, les visiteurs ont été sollicités à intervenir, et ce en plusieurs temps.
Un tableau à plusieurs entrées sur un paperboard indiquait l’heure de passage du participant, l’état dans lequel il avait trouvé le bouillon, les défauts et améliorations possibles qu’il avait suggéré, les modifications qu’il avait apporté et enfin sa signature.
Au final se sont succédé plus de 150 participants et la soupe est passée par bien des phases, à cause ou grâce au caractère volatile et donc temporaire de ses propriétés organoleptiques.
Une responsabilité collective, partagée, et comme bien souvent lors des grandes consultations populaires, le résultat pique.

La seconde partie prenait la forme d’une dégustation orientée d’un assortiment de légumes lacto-fermentés, créés en famille, 2 semaines plus tôt.
Chacun y avait mis du sien, y compris Paloma, 1 an.
Il faut comprendre par là qu’une partie des lacto-bactéries que nous avions cultivée dans leur cuisine provenait de nous, de nos mains propres qui avaient manipulé les légumes.
Nous avons partagé ensemble plus qu’une recette, d’abord de la confiance, on parle tout de même de bactéries, c’est de la vie. 

Puis de la transmission, d’histoires, de savoirs et de gestes, ancestraux et spécifiques. 

Enfin des responsabilités, car pendant deux semaines, la famille a veillé au bon développement de ce biotope, notre création collective.

Le hasard a fait que Rodolphe, habitant de la maison soit paysagiste. Nous avons donc conçu ensemble une sorte de four/fumoir primitif à deux chambres communicantes, creusées à même la terre, dans le jardin.

S’il nous a fallu revoir plusieurs fois sa conception lors des premières heures de test, notre double foyer s’est révélé efficace et le voisinage a vite compris qu’il fallait en profiter. On nous a amené quelques poulets, une tête d’agneau, un saumon, des légumes que nous avons fait fumer quelques heures avant de les amener à la table du banquet de quartier donné le soir même.


Fermentation cabinet, perpetual soup and primitive smokers.

A 3-parts installation / performance during a contempory art event all across the houses of a popular district in north of France. How to set up ancestral gastronomic practices such as fermentation, perpetual soup and smoking in the daily life of an urban family ? Hours, days or even weeks, these actions involve a different appreciation of time and therefore of the perception of the continuum which links birth to death. The perpetual soup was established in the living room. During the 3 days of the event, visitors were asked to interact in several ways : A table chart indicated the participants time of intervention, the state of the broth, the critics and possible improvements they suggested, their final modifications and their signature. At least 150 participants attended to the perpetual soup which went through many phases, mostly due to its volatile compounds and the famous missing ingredient : time. A shared responsibility, and as often during major popular consultations, the results can be bitter-sweet.

In the kitchen, we were proposing a guided tasting of an assortment of fermented vegetables, created with the family, 2 weeks earlier. Everyone, including Paloma, 1 year old, had given a bit of themselves. That is to say that while we were handling vegetables with our clean hands, we all have put on it some of our own lactobacterias. We have shared stories, knowledge, ancestral and specific gestures. And more than recipes, we’ve shared life moments, we’ve shared trust, during two weeks, the family took care of this biotope, our collective creation.

Rodolphe, a resident of the house, was a landscape architect. We designed together a kind of primitive oven / smoker, dug into the ground of his garden. The neighbourghood brought chickens, a lamb’s head, a salmon, vegetables which we smoked for a few hours before bringing them to the table of a local banquet given the same evening.

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